Nous habitons un endroit où il faut vraiment avoir une raison pour venir. Pour nous, la raison est le travail. Pour tous les autres, la raison est de venir nous visiter.
Nous cherchions donc une petite maison pour deux, mais assez grande pour recevoir aussi nos amis à dormir. Pas qu'on habite à 12 heures de route de toute civilisation, mais c'est que traverser un fleuve, pour la plupart de nos proches, est une expédition qui semble parfois aussi lourde que se préparer à faire le pèlerinage de Compostelle.
Après avoir visité quelques maisons sans avoir eu le moindre coup de coeur, notre agent nous a demandé si nous serions prêtes à faire quelques petites rénovations (de cuisine et de salle de bain, par exemple). Instinctivement aussi bien qu'automatiquement, nous avons répondu non en choeur.
Mais l'agent nous a tout de même convaincues de visiter cette maison, parce qu'elle n'était pas encore sur le marché, précisant que lorsqu'elle sera annoncée «elle sera vite vendue, c'est certain». On s'est dit «bah, pourquoi pas la visiter», pour passer à autre chose l'esprit tranquille.
Lorsque nous l'avons vue pour la première fois, nous avons été d'abord très surprises. Comme on ne s'attendait à rien, son charme, bien que discret, nous a frappés de plein fouet. L'agent nous a menés dans le jardin avant d'entrer. Le terrain arrière était grand et la vue de la maison était coquette, avec sa véranda à carreaux. Nous sommes retournés à l'avant pour entrer et avoir la vue sur cet escalier de bois avec un tapis des années '50, beau comme neuf. L'agent ne disait mot, il ne faisait que jouir de notre émerveillement en puissance (pouvait-il savoir qu'une de mes fantaisies rêveuses était d'avoir ce genre d'entrée sur un escalier de bois?).
Les planchers de bois étaient vieux comme la maison, tout comme les portes, les poignées de porte et les luminaires. «La maison a été construite en 1946, les fenêtres ont été changées en 2012 (trois ans plus tôt), le toit vient d'être refait la semaine dernière par le propriétaire», nous dit l'agent. Après une pause, il a ajouté que ce propriétaire avait acheté directement d'une dame qui avait habité ici toute sa vie, jusqu'à l'hiver dernier. «Dans la cuisine, juste ici, il y avait un poêle Bélanger que la dame a vendu juste avant de vendre sa maison au propriétaire actuel. Il aurait aimé lui acheter!», a-t-il précisé.
Le fait qu'une seule personne ait habité là toute sa vie était un gage de stabilité, et le fait que le revêtement était de blocs de béton était un gage de solidité et d'encrage - cette maison volante dans Le Magicien d'Oz et l'histoire des Trois petits cochons qui finit bien seulement avec la maison de briques m'avaient fait PEUR toute ma vie. J'étais personnellement et profondément sensibilisée, même vendue, au lobby du revêtement lourd.
L'agent avait d'abord dit que les rénovations qui devaient probablement être réalisées touchaient la cuisine et la salle de bain. Ce n'était pas tout à fait exact pour notre goût.
Au bout du compte, à part deux pièces et le sous-sol, les rénovations que nous avons entreprises ont touché six pièces, soit la cuisine, la salle de bain, la salle d'eau et trois chambres. Je ne sais pas ce qui nous a pris. Avoir su ce dans quoi on s'embarquait, on aurait probablement dit à l'agent, merci pour la visite, on aimerait du clef en main.
Mais ce revêtement, les fenêtres récentes, le toit tout juste changé et l'histoire de cette dame qui avait vécu là depuis 1946 - elle avait donc au moins 90 ans - nous a conquises.
Notre voisine de droite, celle qui passe la tondeuse la nuit, nous a dit que cette vente était une surprise pour tout le voisinage, surtout que la maison n'avait pas été annoncée à vendre. Ses nombreuses questions sous-entendues attendaient les circonstances d'achat et tous les détails. Elles attendent encore.
Nous cherchions donc une petite maison pour deux, mais assez grande pour recevoir aussi nos amis à dormir. Pas qu'on habite à 12 heures de route de toute civilisation, mais c'est que traverser un fleuve, pour la plupart de nos proches, est une expédition qui semble parfois aussi lourde que se préparer à faire le pèlerinage de Compostelle.
Après avoir visité quelques maisons sans avoir eu le moindre coup de coeur, notre agent nous a demandé si nous serions prêtes à faire quelques petites rénovations (de cuisine et de salle de bain, par exemple). Instinctivement aussi bien qu'automatiquement, nous avons répondu non en choeur.
Mais l'agent nous a tout de même convaincues de visiter cette maison, parce qu'elle n'était pas encore sur le marché, précisant que lorsqu'elle sera annoncée «elle sera vite vendue, c'est certain». On s'est dit «bah, pourquoi pas la visiter», pour passer à autre chose l'esprit tranquille.
Lorsque nous l'avons vue pour la première fois, nous avons été d'abord très surprises. Comme on ne s'attendait à rien, son charme, bien que discret, nous a frappés de plein fouet. L'agent nous a menés dans le jardin avant d'entrer. Le terrain arrière était grand et la vue de la maison était coquette, avec sa véranda à carreaux. Nous sommes retournés à l'avant pour entrer et avoir la vue sur cet escalier de bois avec un tapis des années '50, beau comme neuf. L'agent ne disait mot, il ne faisait que jouir de notre émerveillement en puissance (pouvait-il savoir qu'une de mes fantaisies rêveuses était d'avoir ce genre d'entrée sur un escalier de bois?).
Les planchers de bois étaient vieux comme la maison, tout comme les portes, les poignées de porte et les luminaires. «La maison a été construite en 1946, les fenêtres ont été changées en 2012 (trois ans plus tôt), le toit vient d'être refait la semaine dernière par le propriétaire», nous dit l'agent. Après une pause, il a ajouté que ce propriétaire avait acheté directement d'une dame qui avait habité ici toute sa vie, jusqu'à l'hiver dernier. «Dans la cuisine, juste ici, il y avait un poêle Bélanger que la dame a vendu juste avant de vendre sa maison au propriétaire actuel. Il aurait aimé lui acheter!», a-t-il précisé.
Le fait qu'une seule personne ait habité là toute sa vie était un gage de stabilité, et le fait que le revêtement était de blocs de béton était un gage de solidité et d'encrage - cette maison volante dans Le Magicien d'Oz et l'histoire des Trois petits cochons qui finit bien seulement avec la maison de briques m'avaient fait PEUR toute ma vie. J'étais personnellement et profondément sensibilisée, même vendue, au lobby du revêtement lourd.
L'agent avait d'abord dit que les rénovations qui devaient probablement être réalisées touchaient la cuisine et la salle de bain. Ce n'était pas tout à fait exact pour notre goût.
Au bout du compte, à part deux pièces et le sous-sol, les rénovations que nous avons entreprises ont touché six pièces, soit la cuisine, la salle de bain, la salle d'eau et trois chambres. Je ne sais pas ce qui nous a pris. Avoir su ce dans quoi on s'embarquait, on aurait probablement dit à l'agent, merci pour la visite, on aimerait du clef en main.
Mais ce revêtement, les fenêtres récentes, le toit tout juste changé et l'histoire de cette dame qui avait vécu là depuis 1946 - elle avait donc au moins 90 ans - nous a conquises.
Notre voisine de droite, celle qui passe la tondeuse la nuit, nous a dit que cette vente était une surprise pour tout le voisinage, surtout que la maison n'avait pas été annoncée à vendre. Ses nombreuses questions sous-entendues attendaient les circonstances d'achat et tous les détails. Elles attendent encore.
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